Pourquoi le vide nous fait peur ?

Vous avez remarqué comme la nature a horreur du vide ?

Une maison abandonnée, un espace dans un mur, un chemin inutilisé… Arbustes, herbes folles et autres végétaux s’installent. Parfois pour le plus grand plaisir de nos yeux émerveillés. Parfois pour nous empêcher d’avancer… La nature reprend ses droits. Toujours. La nature a horreur du vide, elle le comble.

Et nous, êtres humains, issus de cette nature, nous fonctionnons pareillement. Nous avons horreur du vide. Il nous effraie.

Un silence dans une conversation, nous parlons. Un espace vacant sur l’étagère, nous y installons une statuette. De la place dans notre assiette, nous la remplissons. Une disponibilité dans le calendrier, nous prenons un rendez-vous. Une zone en friche, nous construisons. Une lacune dans nos connaissances, nous apprenons. Un moment d’inactivité, nous agissons.

Nous avons horreur du vide. Il nous fait peur.

Pour ma part, j’ai ressenti ce vide intérieur, à la fin de ma formation de Sophrologue. Deux ans et demi à travailler d’arrache pieds pour changer de métier, de façon de vivre, pour m’ouvrir à moi et aux autres. Deux ans et demi à penser sophro, à manger sophro, à dormir sophro, à rédiger sophro, à réviser sophro… et puis d’un seul coup, plus rien ! Rideau ! Je me suis sentie comme perdue.

Je ressentais un véritable vide. Tout s’était arrêté, je n’avais plus de dossier à concevoir, plus de rapport de stage à rédiger, plus de révisions… Je n’avais plus de but, plus objectifs. J’avais été en mouvement pendant tant d’années, j’étais passée à l’action tant de fois ; toujours à la recherche d’autre chose et là… que se passait-il ? Rien !

Enfin, rien… l’avantage quand on devient sophrologue, c’est que l’on apprend à accepter qu’il ne se passe rien, car même dans ce rien, il se passe toujours quelque chose.

Vous me suivez toujours ? Bien. Continuons !

Cette sensation de vide à laquelle on se retrouve confrontée lorsqu’un projet se termine, lorsque l’on quitte le nid douillet ou pas de ses parents, lorsque l’on tourne une page, est provoquée par la peur.

Et si le vide provoque en nous cette émotion, c’est parce qu’au-delà d’être un espace disponible, il nous confronte à l’inconnu. Il fait ressortir en nous comme une sensation d’absence, d’abandon, de manque, d’ennui. Comme un sentiment d’être nu, dépouillé, démuni, inutile.

Nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas. Alors, nous mettons tout en œuvre pour combler l’espace, pour combler ce vide qui nous inquiète, voire qui nous angoisse. Nous mettons en place des stratégies pour nous sentir utiles, intelligents, pour comprendre. Nous faisons le nécessaire pour ne pas nous retrouver face à nous-mêmes.

In fine, ce dont nous avons le plus peur c’est de nous-même. De notre propre vide intérieur.

C’est pour cela que nous adaptons des stratégies pour remplir le vide. Parce qu’autrement nous devrions passer un peu de temps avec nous-même. Et nous n’y sommes pas toujours prêts ! On peut même se trouver très rasoir parfois !!! Alors, nous fuyons, nous cherchons ce qui nous manque. Nous cherchons quels besoins peuvent venir nous combler. Comme je vous le disais plus avant, nous trouvons tous les moyens possibles et inimaginables pour combler le vide, pour accumuler… Que ce soit de la nourriture physique, intellectuelle, spirituelle, matérielle… tout sauf le vide, le néant, le désert. Tout sauf s’arrêter de courir après. Mais après quoi ?

Nous pouvons être tellement orientés vers l’extérieur qu’il est presque impossible de connaître ce qui nous habite et nous comblera davantage. Apprivoiser ce vide intérieur est une façon de commencer à y voir plus clair, mais cela peut demander une bonne dose de courage pour beaucoup.

Tout est là en nous !

Il nous suffit d’y puiser du courage. Le courage de se regarder sans jugement et d’accepter ce que nous sommes tout simplement. Le courage de sortir de sa zone de confort et de sentir trembler vos fondations intérieures. Le courage de découvrir et d’accepter de s’être trompé, car nos choix passés ne répondaient pas à nos besoins véritables, à nos valeurs profondes. Et donc, d’oser être soi !

Tant que l’on ne prend pas le temps de se découvrir, nous pouvons être gouvernés par nos peurs très longtemps. Mais encore un fois, il faut avoir le courage d’affronter les peurs qui sommeillent en nous.

Ok, mais je fais comment ?

Et si, au lieu de remplir le vide, nous prenions le temps de laisser faire. Si nous nous laissions le temps de faire l’expérience de nous connaître. De laisser libre cours à nos envies, notre imagination.

Regarder les enfants, laissez-les quelques instants sans stimulation… très vite l’ennui fait place aux jeux. Ils imaginent, ils créent, ils extrapolent, ils rêvent… Ils n’ont pas peur de se retrouver seuls avec eux-mêmes, leur monde intérieur est riche et ne les impressionnent pas. Ils n’ont pas peur de leur vide intérieur, au contraire, ils s’en servent comme d’une force.

Le calme intérieur se cache dans nos peurs. En osant explorer nos peurs, en allant à leur rencontre, en prenant le temps de nous connaitre, nous pourrions découvrir un nouvel univers sans peur. Un univers simple, où nous laissons de l’espace à notre monde intérieur. Où notre enfant intérieur laisse libre cours à sa créativité.

C’est un travail qui demande du temps et de la disponibilité d’esprit et qui peut se faire en douceur en étant accompagné par un sophrologue.

Séverine Roussel – Sophrologue sans détour

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