Se tromper… Ces questions qui peuvent nous aider à y voir plus clair

Se tromper, c’est ne pas s’avouer la vérité à soi-même. Et il peut être terriblement douloureux de se mentir.
Depuis notre plus tendre enfance, nous devons faire des choix, prendre des décisions : est-ce que je préfère aller jouer avec mes copains ou faire mes devoirs ? Quelles études pour mon avenir ? Ai-je vraiment raison de dire OUI pour la vie ? Dois-je continuer à souffrir même si je l’aime ? Si je change de travail, est-ce une bonne chose ?

À chaque respiration, nous prenons une décision, celle de vivre.

Et vivre, c’est apprendre. Mais apprendre est difficile et suppose donc de se tromper. Or tout ce qui s’apprend peut être enseigné… à condition d’avoir compris comment les savoirs s’élaborent. Apprendre comment je pense, comment je traite les informations et situations nouvelles et surtout, pourquoi je me trompe. Quelle est ma capacité d’adaptation ? Se trompe-t-on toujours pour les mêmes raisons ? Que faire pour apprendre à ne plus se tromper ? Et à retenir ce que j’ai appris ?

Apprendre c’est expérimenter, relier les phénomènes les uns ou autres, jouer, progresser, découvrir, assimiler. C’est surtout évoluer, changer, modifier son système cognitif. Parfois, cela se fait tout seul, cette fameuse lumière qui s’allume ! Mais souvent c’est bien plus complexe.

Se tromper et devoir cependant accorder sa confiance à son être intérieur. C’est cela un homme.
Gottfried Benn

Car apprendre c’est faire avec notre savoir. La plupart de nos décisions sont prises en fonction de l’environnement dans lequel nous évoluons, de notre éducation, de nos croyances, des êtres qui nous entourent, du contexte, de nos réflexes de pensées… C’est accepter donc que notre savoir ne soit pas une vérité absolue. C’est vivre dans une réalité objective. Observer nos pensées existantes pour les remplacer par d’autres peut-être. C’est faire, parfois, un pas de côté pour prendre du recul et prendre le temps de comprendre. Prendre le temps d’analyser ses erreurs, mais aussi de valoriser les épreuves difficiles que nous avons surmontées. Ce regard sur nos réussites permet de mesurer nos progrès et de consolider notre confiance en nous-même, d’affronter nos peurs. Apprendre à examiner la validité de notre choix, en l’examinant, en le comparant avec d’autres expériences.

Car généralement nous défendons nos convictions, nous n’avons pas appris à nous tromper. Cela introduit de la lourdeur dans nos propos et nous rend incapables de les examiner d’un autre point de vue, d’en comprendre la limite ou de les remettre en question. Les conversations prennent alors un tour dramatique, comme si au lieu de réfléchir avec l’autre, chacun avait quelque chose à défendre, comme si dans son propos tout son être était en jeu et que la critique pouvait faire vaciller toute notre personne. Nous ne percevons pas l’objection comme une occasion de réfléchir, mais comme une attaque et au lieu de mettre notre intelligence en action, c’est avec peur et/ou colère que nous réagissons. L’échange devient alors une question de survie dans lequel nous nous oublions et perd de sa puissance constructive.

Qu’est-ce en effet qu’une erreur sinon une hypothèse qui ne fonctionne pas ? Apprendre de nos erreurs nous permet alors d’échanger, d’expérimenter sans nous défendre avec angoisse, nous n’avons plus à prouver que nous répondons à une attente qui nous permettra d’être aimés ou reconnus mais nous prenons plaisir à élaborer diverses hypothèses, à les comparer et à cheminer ainsi vers notre vérité toujours en construction.

C’est seulement quand l’erreur est acceptée que tout devient possible : réflexion, apprentissage, progression, création, innovation, invention !

Parce que se tromper, c’est admettre que l’on est multiple, qu’il y a des domaines dans lesquels on est meilleurs que d’autres. Et parfois, alors même que nous savons que nous sommes dans l’erreur, nous ne pouvons faire autrement, nous persistons jusqu’au point de rupture. Parce qu’il est souvent plus simple de faire avec ce que nous connaissons, ce qui nous rassure, ce qui nous semble le plus simple dans l’instant.
Pourtant, une erreur n’est pas l’échec de notre personne, mais de notre comportement, de notre projet, de notre travail… Et permets même parfois de nous révéler. Or, lorsque l’on estime ne jamais faire d’erreur, on ne réévalue jamais ses prédictions. On se ment à soi-même et l’on n’est pas en capacité de prendre le recul nécessaire entre l’adéquation de nos choix et de nos valeurs. Faire des erreurs c’est accepter notre vulnérabilité, accepter d’être imparfait, c’est prendre le risque de se découvrir et de remettre en cause notre système de valeur.

Se tromper, faire face à nos erreurs, nos échecs… ces quelques questions peuvent nous aider à y voir plus clair :

  • Que s’est-il passé ?
  • Comment cela a-t-il commencé ?
  • Qu’est-ce que je cherchais ?
  • Puis-je identifier les causes de mon erreur ?
  • Qu’est-ce que je cherchais à me prouver ?
  • À quelle expérience cela me fait-il penser ? Ai-je déjà fait cette erreur ?
  • Était-ce agréable ? Désagréable ?
  • Ai-je pris du plaisir ?
  • Est-ce que cela en valait en peine ?
  • Qu’est-ce que je croyais savoir à ce sujet ?
  • Qu’est-ce que je sais maintenant ?
  • Comment aurais-je pu faire différemment ?

C’est un travail qui demande du temps et de la disponibilité d’esprit et qui peut se faire en douceur en étant accompagné par un sophrologue.

Prenez soin de vous
Séverine Roussel – Sophrologue Sans détour

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