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Comment la lecture peut changer notre vision du monde

lecture, image Canva
Lecture 3 minutes

Série la musique des mots

Je commence aujourd’hui une série d’articles consacrée à la musique des mots et comment la lecture peut changer notre vision du monde.

Installée devant mon ordinateur, une playlist de piano en fond musical, je vais vous parler des mots, de leur importance, de leur résonnance. De ces mots qui, dans les livres nous bouleversent, changent notre vision du monde, nous amènent à réfléchir, nous font rêver, provoquent l’évasion…

Commençons par le début. J’ai rencontré les mots et leur pouvoir d’évasion, en 4è, grâce à une professeure de français incroyable. Bon… sur le coup, je ne le savais pas encore !

Quelques éléments de contexte

Je pars en vacances chez mes grands-parents à la campagne, avec comme devoir à faire : : lire le 1er chapitre de la 2e partie du Rouge et le noir de Stendhal, pour en faire un résumé. Sous-entendu donc, nous avions déjà lu la 1ere partie. Quand je dis, nous, je pense les autres, les élèves sérieux, donc très clairement, pas moi, à ce moment-là ! Et donc, je fais strictement, ce qu’elle demande. Je lis le 1er chapitre de la 2e partie, pour rendre un résumé à peu près convenable.

Et là surprise ! Alors que je ne m’attendais absolument pas à être happée par les mots, j’ai été transportée dans une autre époque, sous le charme des mots, des personnages, de leurs émotions. Je ne m’y attendais pas, même si chez moi, il y avait des livres partout, des encyclopédies, des classiques, des romans de gare, de beaux livres, comme des livres de poche. Une bibliothèque incroyable, que la petite rebelle que j’étais avait trouvé ingénieux d’ignorer !!! La lecture faisait déjà partie de ma vie sans que je le sache encore. 

Ainsi, presque sans m’en rendre compte, je reprends le livre à la première page.

Dès lors, j’ouvre grands les yeux ; Verrières, ses rues et ses bâtisses, Julien Sorel, se dessinent devant moi. Je sens l’atmosphère des soirées d’été, le parfum de Mme de Rênal. J’entends le désespoir dans les mots de Mathilde de La Mole. Je savoure chaque mot, je suis emportée par les sentiments, l’amour, la trahison, les émotions… Et… quand on a 13-14 ans…

Ma plus belle histoire d’amour

Commence alors ma plus belle histoire d’amour (toutes mes excuses à mon merveilleux ). Je dévore depuis, les classiques, les poèmes, les contemporains, les livres historiques, les biographies… avec, à chaque fois, la même soif, la même intensité. Je rêve, je pleure, je ris, je vis au travers des mots des autres. Je me construis aussi. Chaque livre est une nouvelle aventure, une nouvelle découverte qui me plonge toujours complètement dans l’univers de l’auteur et qui au détour d’un mot, d’une phrase m’en apprend parfois plus sur moi-même que n’importe quelle discussion ou formation.

Mentionnons que Psychologies a consacré 2 hors-séries au thème de la lecture et de l’écriture : lire & écrire donne des ailes à la vie, que je vous invite vraiment à découvrir.

« Voyager, entendre l’écho des questions, trouver des réponses à ses interrogations, changer de temporalité, se frotter à l’altérité, rencontrer son double ou un modèle, approfondir sa réflexion, apaiser ses émotions… […] la lecture possède tant de propriétés qu’elle est de plus en plus utilisée en thérapie. » nous précise Lucie Caux dans le n° HS 59 de nov-déc 202O

Un livre bouleversant

Lorsque j’ai commencé S’adapter de Clara Dupont-Modod, paru l’été dernier et découvert chez Les lucettes (primé par le Prix Femina 2021, le Prix Landerneau 2021 & le Goncourt des lycéens 2021), j’ai très vite été bouleversée. 

Ce livre a fait écho en moi, au travers de mon histoire personnelle d’une part et, d’autre part parce qu’il raisonne avec la sophrologie. S’adapter, n’est-ce pas là ce que l’on cherche tous quand on vient rencontrer un thérapeute. S’adapter à une situation qui ne nous convient pas ou qui ne nous convient plus.

« C’est pourquoi il cessa complétement de lire et se concentra sur les sciences. Les sciences, au moins, ça ne faisait pas mal. Elles ne lançaient aucune passerelle vers la mémoire, ne cherchaient pas les sentiments. Les sciences étaient comme la montagne, posées là que cela plaise ou non, insensibles au chagrin. Elles détenaient la justesse. Elles dictaient leur loi, c’était juste ou faux, c’était calme ou c’était l’orage. »

Dès les premières pages, on est emporté par l’introspection de chacun des personnages. Chacun à leur manière nous emporte dans les méandres de ses émotions. Comme les sciences, tout est juste – et pourtant je ne suis pas une scientifique !

Cette fratrie où chaque enfant a dû s’adapter avec ce qu’il avait, ce qu’il était, comme il le pouvait, nous rappelle à quel point il est juste de s’autoriser à vivre ses émotions. Elles sont toujours justes.

S’adapter est un livre poétique où les pierres assistent en spectatrices et racontent avec tendresse, sans jamais poser de jugement. C’est un livre où les mots sont posés sans concessions, avec pudeur, sans morale, sans tabou dans les sentiments, sans pathos, juste l’acceptation de ce qui est.

Et voici le pont entre la sophrologie et la lecture.

Á première vue, vous aviez peut-être du mal à saisir le lien 🙂

Si je vous parle des livres aujourd’hui, c’est parce qu’il existe en sophrologie une merveilleuse technique qui répond au doux nom de Sophro Stimulation Imaginative. C’est une technique que j’affectionne particulièrement et vous allez vite comprendre pourquoi. Puisque lors de cette technique, on se met à l’écoute d’un texte.

Imaginez ce que l’écoute d’un texte à voix haute sur la beauté du monde, sur le lâcher-prise, sur l’adaptation, sur le temps qui passe… peut venir convoquer.

Toutefois, quand je parle d’un texte, je ne parle pas seulement de littérature, parce que là je suis sûre que je vais en perdre certains (à commencer par mon merveilleux ). Je parle de tous les types de textes qui existent. Les chansons, les chroniques, les éditos, les articles, les essais, les citations…

Dans le dernier (HS 66 Tome II– nov-déc 2021), Martin Winckler offre une définition des livres qui peuplent notre existence. Je vous en propose un extrait et vous laisse rêver à tous ces livres qui depuis hier, aujourd’hui et pour demain, sont dans votre vie.

« Ceux qu’on aurait voulu écrire, mais un autre a eu l’idée avant…
Ceux qui ne sont pas encore écrits.
Ceux qui contiennent des mots, des sons, des images…
Ceux qui sont magnifiques dans la tête, et paraissent dérisoires une fois sur le papier.
Ceux qu’on a envie de déchirer, de brûler, de détruire, mais ne vous lâchent pas…
»

Prenez soin de vous.

Dans les prochains articles

Vous découvrirez comment la lecture de texte à voix haute, associée à la sophrologie peut être un outil merveilleux au service d’une meilleure connaissance de soi.

Vous ferez la rencontre de Nathalie Sagot-Duvauroux, Lectrice à voix haute. Ensemble, nous avons créé Duetti, de la sophrologie à la musique des mots, dont je vous parlerais très vite. Et, des surprises 😊

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