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Est-ce qu’un sophrologue gagne bien sa vie ?

Est-ce qu’un sophrologue gagne bien sa vie ?

C’est la question que tout le monde se pose, souvent à voix basse. Avant de se lancer. Après quelques mois de galère. Ou parfois au détour d’un dîner de famille, quand quelqu’un demande « mais tu vis de ça ? »

Alors autant en parler franchement.

Oui, un sophrologue peut bien gagner sa vie. En France, un sophrologue indépendant débutant gagne généralement entre 1 000 et 1 500 euros nets par mois. Un sophrologue installé, avec une offre structurée et une clientèle fidèle, peut atteindre 2 500 à 4 000 euros nets mensuels, voire davantage en diversifiant ses formats (ateliers collectifs, entreprises, programmes en ligne). La grande variable, ce n’est pas la sophrologie elle-même, c’est la façon dont on construit son activité.

La réponse courte, c’est donc : oui, à condition de traiter son activité avec le même sérieux qu’on traite ses accompagnements. Et ce n’est pas une façon d’esquiver la question. C’est la réalité la plus honnête que je puisses te donner. Parce que la sophrologie n’est pas un secteur où les revenus sont standardisés, balisés, prévisibles comme un salaire de fonctionnaire. C’est un métier d’indépendant, avec tout ce que ça implique : de la liberté, oui, mais aussi une responsabilité entière sur la construction de ton activité.

Plan de l’article

  • Ce que disent vraiment les chiffres
  • Ce qui fait vraiment la différence
  • Le piège du « tout en séances individuelles »
  • Et si le problème n’était pas la sophrologie ?
  • Ce que ça prend vraiment
  • FAQ

Ce que disent vraiment les chiffres

Le salaire d’un sophrologue indépendant débutant se situe souvent entre 1 000 et 1 500 euros nets par mois ses premières années. Seuls 24.6%* des sophrologues gagnent plus que le SMIC. C’est une réalité qu’on préfère parfois taire dans les formations, et c’est pourtant ce que beaucoup vivent au départ. Ce n’est pas une fatalité, mais c’est un point de départ qu’il vaut mieux anticiper que découvrir avec la facture URSSAF.

Un sophrologue installé, avec une clientèle fidèle et une offre structurée, peut atteindre 2 500 à 4 000 euros nets mensuels. Certains vont au-delà, en développant des formats collectifs, des interventions en entreprise, des programmes en ligne ou des retraites. D’autres font le choix d’une activité à temps partiel, complémentaire d’un autre poste, et s’en trouvent très bien.

Il n’y a pas un seul modèle qui gagne bien. Il y a des modèles qui correspondent à ce qu’on veut vivre, selon ses besoins.

Ce qui fait vraiment la différence

On aimerait que ce soit la qualité des séances qui détermine les revenus. Et dans un monde idéal, ce serait vrai. Dans la vraie vie, c’est plus compliqué.

Ce qui distingue un sophrologue qui vit confortablement de son activité de celui qui rame, c’est rarement sa formation ou ses diplômes. C’est sa capacité à se positionner clairement, à savoir à qui il parle, pour quoi il est particulièrement utile, et à communiquer cela de façon simple et régulière. C’est aussi sa relation à la valeur de son travail et donc à ses tarifs. Beaucoup de sophrologues pratiquent des tarifs trop bas par peur de ne pas trouver de clients, et paradoxalement, cela fragilise leur activité autant que leur estime professionnelle.

Un tarif qui respecte ton expertise et le temps que tu y consacres n’éloigne pas les bons clients. Il attire les personnes vraiment motivées à s’engager dans un processus.

Le piège du « tout en séances individuelles »

Longtemps, le modèle dominant en sophrologie, c’était simple : des consultations en cabinet, l’une après l’autre, 50 à 70 euros de l’heure. C’est un modèle qui fonctionne, mais qui a ses limites. Il est directement lié à ton temps disponible, donc plafonné. Si tu tombes malade, si tu pars en vacances, si tu veux lever le pied : les revenus s’arrêtent.

Aujourd’hui, de plus en plus de sophrologues font évoluer leur activité vers des formats plus diversifiés. Des ateliers en groupe, qui permettent d’accompagner plusieurs personnes en même temps. Des interventions en entreprise, souvent mieux rémunérées. Des programmes d’accompagnement en plusieurs séances, plus engageants pour le client et plus stables pour toi. Parfois des contenus en ligne qui créent un complément de revenus.

Ce n’est pas une obligation. Mais c’est une réflexion qui mérite d’être posée : est-ce que ton modèle actuel est viable sur la durée, sans t’épuiser ?

Et si le problème n’était pas la sophrologie ?

Il arrive que des sophrologues en difficulté financière se demandent si c’est leur métier qui est « trop peu reconnu », « pas assez remboursé », « mal compris du grand public ». Et il y a une part de vrai là-dedans, la sophrologie souffre encore d’un déficit de lisibilité auprès du grand public comparé à d’autres pratiques.

Mais dans beaucoup de cas, la vraie difficulté ne vient pas du métier lui-même. Elle vient du fait qu’on n’a jamais appris à construire une activité. La formation de sophrologue t’apprend à accompagner des personnes. Elle ne t’apprend pas à te positionner sur un marché, à définir des offres cohérentes, à communiquer régulièrement, à fixer des tarifs justes, à gérer ton énergie et ta charge mentale d’entrepreneur.

Et ce n’est pas un défaut de ta formation. C’est simplement un autre domaine de compétences, qui s’apprend lui aussi.
C’est d’ailleurs pour ça que des espaces comme L’Atelier Sophro existent : pour que les sophrologues ne naviguent pas seuls face aux questions business, et puissent s’appuyer sur une communauté qui comprend vraiment les spécificités de ce métier.

Ce que ça prend vraiment

Vivre confortablement de la sophrologie, c’est possible. Beaucoup le font. Mais ça demande quelque chose que les formations initiales ne mentionnent pas toujours : du temps pour construire, une vraie réflexion sur ton positionnement, une communication régulière et cohérente, et une relation apaisée avec la dimension commerciale de ton activité.

Ce n’est pas une course ni une performance. C’est une construction, qui ressemble beaucoup à ce que tu proposes à tes clients : un travail de fond, progressif, qui tient compte de qui tu es vraiment.

Alors oui, le salaire d’un sophrologue peut être très confortable. À condition de traiter son activité avec le même sérieux qu’il traite ses accompagnements.

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Prends soin de toi.
Séverine

 

*Enquête annuelle 2025 réalisée par Sabine Pernet

Questions fréquentes sur le salaire des sophrologues en France

Quel est le salaire moyen d’un sophrologue en France ? Il n’existe pas de salaire fixe pour un sophrologue indépendant. En début d’activité, les revenus nets se situent généralement entre 1 000 et 1 500 euros par mois. Un sophrologue avec plusieurs années d’expérience et une activité bien structurée peut atteindre 2 500 à 4 000 euros nets mensuels. Ces chiffres varient selon le lieu d’exercice, le type de clientèle, les formats proposés et la façon dont l’activité est construite.

Combien coûte une séance de sophrologie et combien le praticien en touche-t-il réellement ? Le tarif d’une séance individuelle se situe en général entre 50 et 80 euros. Après déduction des charges (URSSAF, assurance professionnelle, frais de cabinet, formation continue…), le sophrologue conserve environ 50 à 60% de ce montant en micro-entreprise. La rentabilité réelle dépend aussi du nombre de séances réalisées par semaine, un modèle uniquement basé sur des consultations individuelles plafonne vite si l’on veut préserver son énergie.

Faut-il beaucoup de clients pour vivre de la sophrologie ? Pas nécessairement beaucoup, mais des clients réguliers et des offres bien dimensionnées. Un sophrologue qui travaille uniquement en séances individuelles à 60 euros aurait besoin de 40 à 50 séances mensuelles pour atteindre 2 500 euros nets, ce qui est difficile à tenir sur la durée. En diversifiant (ateliers de groupe, accompagnements en forfait, interventions entreprises), il est possible d’atteindre un revenu confortable avec moins de créneaux individuels et plus de stabilité.

La sophrologie est-elle un métier d’avenir financièrement ? Oui, à condition d’accompagner la demande croissante avec une activité professionnelle bien structurée. L’intérêt pour les pratiques de mieux-être, la gestion du stress et la santé mentale est en forte progression. Le marché existe et s’élargit. Ce qui manque souvent aux sophrologues, ce n’est pas la demande, c’est la capacité à se rendre visible, à communiquer clairement sur leur valeur ajoutée et à construire une offre cohérente pour capter cette demande.

Peut-on lancer son activité de sophrologue sans avoir d’économies de côté ? C’est possible, mais risqué. Les premières années d’activité sont souvent la période la plus incertaine financièrement. Avoir une réserve équivalente à 3 à 6 mois de charges fixes permet de construire son activité sans pression, de prendre le temps de bien se positionner et de ne pas accepter n’importe quelle situation par nécessité. Si ce matelas n’est pas encore constitué, une activité complémentaire salariée pendant la phase de lancement peut être une option sage et tout à fait honorable.