Ce matin-là, j’ai failli tout arrêter

Je m’en souviens comme si c’était la semaine dernière. Un mardi de novembre, 7h23 du matin. Je fixes mon agenda numérique : devis à envoyer, déclaration URSAFF en retard, un client insatisfait à rappeler, une proposition à peaufiner et quelque chose dans ma poitrine se serre d’une façon qui me coupe le souffle. Pas une crise de panique, non. Plutôt un signal d’alarme sourd, persistant. Comme si mon corps me disait « hé, là, c’est trop. »

 

J’ai fermé l’ordinateur. Je suis allée prendre un café. Et pendant cinq minutes, j’ai regardé par la fenêtre sans rien penser, ce qui, pour moi qui ai le cerveau toujours en mode effervescence, relevait presque du miracle.

Ce stress-là, tu le connais sûrement. Peut-être pas sous la même forme, pas avec le même déclencheur. Mais cette sensation d’être tirée dans dix directions à la fois, d’avoir une liste qui ne diminue jamais, de porter à la fois le rôle du dirigeant, du commercial, du prestataire et parfois du service après-vente… oui. Je pense que tu connais.

 

 

Pourquoi l’entrepreneuriat est un terrain aussi fertile pour le stress

Ce n’est pas une faiblesse. C’est de la biologie.

Quand tu crées ton activité, ton cerveau perçoit (souvent inconsciemment) une série de menaces : l’incertitude des revenus, le regard des autres, la peur de l’échec, la solitude de la décision. Et face à une menace : réelle ou perçue, ton système nerveux se met en mode survie. Cortisol, adrénaline, vigilance accrue. C’est le fameux « fight or flight », conçu à l’origine pour fuir un prédateur, pas pour gérer une feuille de route commerciale.

Le problème, c’est que les prédateurs de l’entrepreneur sont diffus et permanents. Il n’y a pas de moment précis où tu peux relâcher parce que « le danger est passé ». Résultat : ton système nerveux reste en alerte… continuellement. Et à force de rester en état d’alerte, il s’épuise. Toi aussi.

À ça, j’ajouterais quelque chose que j’observe souvent chez les personnes que j’accompagne : le stress entrepreneurial est souvent amplifié par un positionnement flou. Quand tu ne sais pas exactement à qui tu t’adresses, quoi vendre et à quel prix, chaque décision devient source d’angoisse parce qu’elle n’a pas de boussole. C’est épuisant de naviguer sans cap.

« Mon stress a diminué de moitié quand j’ai clarifié mon offre. Je ne savais pas que le flou pouvait peser autant mentalement. » — une cliente de CAP Entrepreneur

Ce que le stress te dit vraiment

Voici quelque chose qu’on entend rarement dans les discours sur la gestion du stress : le stress n’est pas ton ennemi.

Il est un messager. Un peu maladroit, parfois hurleur, mais un messager quand même. Quand tu te sens submergée, c’est souvent parce que quelque chose de fondamental dans ton organisation ou dans tes croyances, mérite ton attention.

Le stress dit « ici, il y a un écart entre ce que tu vis et ce dont tu as besoin. » Ça peut être un manque de limites. Une charge de travail déconnectée de tes valeurs. Une tarification qui te force à accepter trop de clients pour vivre décemment. Ou simplement un rythme qui ne tient pas compte de ton énergie réelle.

Donc avant de chercher des techniques pour « gérer » le stress, la première question à poser est celle-là : qu’est-ce qu’il me dit, ce stress, sur mon fonctionnement actuel ?

 

Bonne nouvelle : les outils que je vais te partager maintenant t’aident à la fois à réguler l’état de stress dans l’instant ET à créer l’espace intérieur nécessaire pour entendre cette question.